Eau

Mars : De nouvelles preuves de rivières déchaînées et d’un océan disparu

L’image d’une Mars autrefois « humide » n’est plus une simple hypothèse, mais une certitude géologique qui gagne en complexité. En 2026, les scientifiques ne se contentent plus de dire qu’il y avait de l’eau ; ils décrivent désormais un monde aux paysages dynamiques, marqués par des crues massives et des côtes océaniques.

1. Des rivières bien plus puissantes que prévu

Les analyses publiées début 2026 par l’équipe du rover Perseverance dans le cratère Jezero confirment que les cours d’eau martiens n’étaient pas de simples ruisseaux. Le rover a exploré des formations rocheuses appelées « Castell Henllys », révélant des sédiments grossiers et de gros galets qui ne peuvent être transportés que par des rivières à très fort débit, de véritables torrents « déchaînés » capables de sculpter profondément le paysage.

« Il est déjà difficile d’expliquer les rivières ou les lacs sur la base des informations dont nous disposons », a déclaré Edwin Kite, planétologue à l’Université de Chicago et auteur principal de l’étude, dans un communiqué. « Cela rend un problème difficile encore plus difficile. »

Si les rivières avaient été brèves ou n’avaient coulé qu’une partie du temps, il aurait été difficile d’expliquer leur existence. Mais les scientifiques ne savent tout simplement pas d’où vient toute l’eau liquide pour former ces flux lourds.

Aujourd’hui, Mars est glaciale et généralement sèche, avec juste une fine atmosphère à sa surface. Dans un passé lointain, il semble que le temps aurait dû être encore plus froid, car la lumière du soleil atteignant la surface de la planète aurait été plus faible. Et pourtant, il y a des milliards d’années, l’eau semble avoir coulé abondamment et librement sur Mars, dans des rivières parfois plus larges que celles de la Terre. Ces eaux semblent avoir coulé si fortement qu’elles auraient été en mouvement toute la journée, pas seulement aux heures de pointe du soleil ou en minces filets.

2. La découverte d’un « plateau continental » : L’indice d’un océan

L’annonce la plus fracassante d’avril 2026 concerne la découverte d’un plateau continental dans l’hémisphère nord. Grâce aux données topographiques de haute précision, des chercheurs ont identifié une structure géologique similaire aux plateaux sous-marins terrestres.

  • Implication : Cela suggère qu’un océan aurait couvert jusqu’à un tiers de la surface de Mars il y a environ 3,5 milliards d’années.
  • Ce n’était donc pas seulement un réseau de lacs isolés, mais un système hydrologique global et interconnecté.

Les scientifiques ne savent tout simplement pas quel type de temps sur la planète rouge aurait produit ces rivières, mais l’étude a montré que l’eau à fort débit existait depuis plus d’un milliard d’années, au début de l’histoire martienne.

Cela implique, au minimum, que Mars avait un fort effet de serre à l’époque pour piéger l’énergie de la lumière solaire limitée sur la planète et faire fondre son eau – qui s’est ensuite écoulée dans les canaux des rivières.

3. De l’eau souterraine qui a persisté plus longtemps

Alors que l’on pensait que Mars s’était asséchée brutalement, les découvertes de 2025 et 2026 montrent que l’activité de l’eau a persisté bien plus longtemps dans le sous-sol.

  • Curiosity a détecté dans le cratère Gale des minéraux (comme la kaolinite) et des molécules organiques complexes préservées dans des roches altérées par de l’eau souterraine circulant longtemps après la disparition des lacs de surface.
  • Cette « habitabilité souterraine » aurait pu offrir un refuge à d’éventuelles formes de vie microbienne pendant des millions d’années supplémentaires.

Kite a déclaré que ce travail implique que quelque chose dans la science actuelle des planètes et du système solaire primitif est faux, car tout ce que les scientifiques savent suggère que les rivières sur Mars auraient dû être petites et temporaires, si elles existaient. Les flux lourds et à long terme qui durent des millions d’années ne correspondent tout simplement pas aux connaissances scientifiques actuelles.

La recherche montre également que lorsque la planète rouge s’est refroidie, elle ne s’est pas asséchée lentement. Au lieu de cela, à la fin de l’époque humide martienne, les rivières sont devenues plus courtes, mais ont toujours transporté un ruissellement important avant – presque immédiatement – de disparaître.

4. Des cycles d’eau saisonniers et violents

Les nouveaux modèles climatiques de 2026 suggèrent que Mars n’était pas « chaude et humide » en permanence, mais connaissait probablement des cycles. Des périodes glaciaires suivies de réchauffements soudains auraient provoqué des fontes massives de glace, libérant des volumes d’eau colossaux en très peu de temps, expliquant ainsi les traces de crues éclair observées par les rovers.

Ce qu’il faut retenir pour 2026 :

L’histoire de l’eau sur Mars est bien plus longue et mouvementée qu’on ne le pensait. Avec l’identification de traces de plages anciennes et de systèmes fluviaux profonds, Mars s’impose comme une « jumelle de la Terre » disparue, dont les échantillons que Perseverance continue de collecter pourraient bientôt nous révéler s’ils contiennent des biosignatures (traces de vie passée).

Note : Cette actualisation intègre les dernières publications de la NASA et de l’ESA (Agence Spatiale Européenne) concernant les missions Perseverance et Mars Reconnaissance Orbiter.

Pour aller plus loin :

Cette vidéo détaille les relevés sonores et géologiques récents de Perseverance confirmant l’activité hydrologique passée.

Bouton retour en haut de la page